Chthönchen : les petits gardien du seuil

On nomme Chthönchen (n. invariable) une petite figure de terre humanoide que l'on trouve sans le vouloir.
Apparu dans le folklore européen on ne sait trop quand, son office est discret. On raconte qu'à celui qui passe le cœur léger, le Chthönchen demeure invisible. Mais à celui qui aurait franchi son seuil (qui ploie sous une tristesse, une colère, une humeur sombre devenues trop lourdes à porter) il apparaît et absorbe ce trop-plein d'émotion négative.
On ne prend pas un Chthönchen ; certains sont d'ailleurs bien souvent collés ou fixés à leur lieu. Le prendre, c'est hériter de tout ce qu'il a recueilli. C'est avec le temps, en se décomposant et en retournant à la terre, qu'il emporte avec lui toutes les émotions absorbées des voyageurs perdus ayant croisé son regard.
Apparence
Un Chthönchen est assis, les mains jointes en coupe sur les genoux, des petits trous alignés dans le dos, le visage simple et sans bouche, deux cornes sur la tête, et ne fait pas plus de 10 cm. Il n'est pas rare de le confondre avec un petit diable à cause des cornes, même si certains n'ont qu'une corne seule ou plus de deux. Leurs cornes seraient d'ailleurs ce qui leur permet d'absorber les émotions.
Certains possèdent de petites particularités au-delà du nombre de cornes variable. On peut ainsi en trouver avec une bouche simple, ou bien encore un petit objet dans les mains ; bien souvent, il ne s'agit que d'une simple boule d'argile.
Les petits trous dans leur dos (toujours au nombre de sept, sans que l'on ne sache pourquoi) forment une sorte de colonne vertébrale, et il n'a jamais été observé de Chthönchen sans cette particularité.
Origine du mot
Bien que personne ne connaisse l'origine exacte du terme, il peut être décomposé en deux racines :
- khthṓn (du grec ancien: la terre, le sol, le monde d'en bas), qui forme le mot chthonien. Vient de ce qu'ils sont: des être de glaise ou d'argile.
- Du diminutif allemand -chen, signifiant petit. On le retrouve par exemple dans Hütchen (littéralement petit chapeau), un lutin du folklore allemand.
Quant au tréma, il ne se justifie par aucune règle de grec, il semble purement ornemental.